Fammelette

Le sport au féminin

Et si on faisait un peu de sport au féminin ?

Beaucoup de choses peuvent décourager les femmes de faire du sport. On estime que près de la moitié des filles abandonnent leur activité sportive à l’adolescence. Un taux bien plus élevé que chez les garçons. Une sportive doit donc redoubler d’efforts et se montrer deux fois plus persévérante qu’un homme si elle veut continuer à pratiquer le sport qu’elle aime. C’est ça le sport au féminin !

De la persévérance, il en a fallu à Kathrine Switzer en 1967 lorsqu’elle dut s’inscrire en tant qu’homme au Marathon de Boston pour pouvoir y participer…Difficile d’imaginer qu’il y a quelques années, les femmes étaient interdites de courir pour la seule raison qu’elles étaient femmes. Les footballeuses ont dû attendre 1991 pour avoir leur propre mondial (mon année de naissance !) Même histoire pour la boxe qui a été ouverte aux femmes seulement au début des années 90. Décidément, je suis née à la bonne époque !

En 2020, si je vous dis « sport au féminin » vous pensez peut-être à la course ? 

Quand les femmes pratiquent du sport dans l’espace public, il s’agit très souvent du jogging malheureusement parfois à leurs risques et périls. Dans notre espace public, le sport au féminin est entravé par les agressions sexistes, c’est le harcèlement des joggeuses ou les joggeuses assassinées.

Aujourd’hui, le sport est accessible à tou.tes.s. 

N’importe quel sport pratiqué par les femmes est un sport au féminin. La danse ou la gym tout autant que le karaté ou la musculation. L’année dernière le comité Drôme-Ardèche de karaté a accepté qu’un petit garçon combatte contre une petite fille lors d’une compétition officielle. Un bel exemple de mixité dans un domaine dans lequel on a tendance à bien marquer la différence entre filles et garçons. Que fait-on des garçons qui veulent acheter des collants et des femmes qui recherchent des gants de boxe ? Osons un peu la mixité dans le sport, ça ferait du bien à tout le monde !  

Néanmoins, le sport au féminin est encore loin d’être épargné par les stéréotypes de genre. 

Floriane est ceinture noire de karaté et le pratique depuis une vingtaine d’année : « Très souvent les personnes rigolent au vu de mon physique […] C’est parfois maladroit, sous forme de blague, mais parfois c’est sexiste surtout lorsque l’on me demande si je suis en couple et ce qu’en pense mon compagnon. » Elle ajoute : « Ça m’est arrivé dans un kebab, j’étais en tenue d’arbitrage et le vendeur m’a demandé si je bossais à la SNCF… » Laissez-la manger son kebab !

Même si j’ai été découragée (moi aussi) à l’adolescence, j’ai fini par trouver mon bonheur dans la musculation, un sport réservé aux hommes à priori, mais qui est devenu mon sport au féminin.

Dans ma salle selon moi, 80% des femmes participent au cours collectif et 20% s’entraînent en salle. Parmi les 20% : 5% courent sur les tapis, 5% utilisent les machines et 5% soulèvent les poids. A la salle, les femmes ont tendance à vivre dispersées parmi les hommes (Simone de Beauvoir). Cela indépendamment de quelques zones de confort où elles se retrouvent comme par exemple, le cours collectif à majorité féminine. Elles sont peu nombreuses à oser s’aventurer dans la salle du haut. Là-haut, c’est le royaume de la testostérone où les œstrogènes sont en minorité.
C’est bien connu : les femmes se soucient du regard des autres. En même temps, avec tous les préjugés qui circulent sur la femme musclée ! Une femme bodybuildée est-elle féminine ? Et puis, pourquoi se muscler ? Pour faire du stop ? (Oui, on me l’a déjà sorti celle-là !)

Pauline a 28 ans, son sport au féminin c’est la musculation. Une passion née d’une rencontre avec un pays, le Portugal, et un homme il y a 5 ans.

Elle évolue dans ce milieu de plus en plus ouvert et accessible aux femmes. « Et oui, nous aussi nous avons le droit d’aimer porter des poids et développer nos muscles ! » Ce qui l’attire avant tout dans cette discipline, c’est la rigueur, le surpassement de soi et la possibilité de se créer le corps qu’on aime sans répondre à aucun stéréotype. « Au bout de 3 ans je me suis lancée dans l’univers des compétitions : une expérience indescriptible qui te force à pousser tes limites et sortir de ta zone de confort. »

Evidemment, elle est confrontée régulièrement à des préjugés sur le sport au féminin, des remarques et des regards malveillants, du simple inconnu aux proches, mais qui finalement la poussent à continuer et faire toujours mieux !

« Pour la petite anecdote j’ai perdu un ami très proche qui ne comprend pas cette passion et qui ne trouve pas ça normal qu’une femme expose son corps en maillot de compétition (par contre pour les mater à la plage, il ne dit pas non) ! On ne demande pas que les gens partagent, car chacun fait son petit bout de chemin selon ses envies, mais juste qu’on comprenne et qu’on s’y intéresse. »

Bien plus qu’un jeu, le sport se révèle être un incroyable levier à l’émancipation des femmes. 

Elles reprennent le pouvoir sur leurs corps, se découvrent et gagnent en confiance. La féminisation du sport nous montre que de plus en plus de femmes se détachent des préjugés pour revenir à l’essentiel : elles-mêmes. Elles arrêtent alors de croire qu’on les observe et les juge car dans le fond, elles savent bien que tout le monde s’en fout !

Antia’N’Co est allée à la rencontre d’Amélie Mierger, femme sportive de haut niveau qui pratique la force athlétique. En direct de sa salle d’entrainement, elle se confie sur les coulisses de sa réussite et sa vision du sport au féminin. Le message qu’elle fait passer aux femmes est simple : ne baisser pas les bras, éloigner toute la négativité que vous pouvez ressentir et regarder droit devant. Apprenez à vous aimer et à être sûre de vous !

Mon sport au féminin me permet d’être bien dans mon corps et de réduire le stress du quotidien.  J’ai tout gagné lorsque j’ai passé le palier de la salle en 2016 et bravé le regard des autres ! Merci à ma tata, sans qui je n’aurais peut-être pas sauté le pas ! Maintenant, après tous ces témoignages inspirants, c’est à vous de trouver le sport qui vous passionne !

Si vous voulez lire un autre témoignage inspirant, je vous conseille celui-ci !

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