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Musée du vagin

Musée du vagin : les idées reçues sont contagieuses

J’ai visité le musée du vagin dans le quartier de Candem à Londres. Il est tout jeune et a vu le jour en novembre 2019 grâce à une levée de fonds. Il informe et sensibilise sur l’anatomie gynécologique et la santé de la femme, réduit les stéréotypes et les tabous, et ouvre le dialogue sur les thèmes liés à la sexualité et le genre. 

Pour la petite histoire: la fondatrice du musée, Florence Schechter, a découvert un musée du pénis en Iceland mais a remarqué qu’il n’existait aucun musée du vagin dans le monde. Elle déclare : “It’s about time there is !

Ayant vraiment apprécié ma visite, et comme je prends un réel plaisir à casser les stéréotypes, je vous propose de passer en revue 6 idées reçues (IR), souvent des plus farfelues (d’où l’utilité de remettre un peu, beaucoup, les points sur les i.) C’est parti !

Musée du vagin – IR n°1 : le clitoris est impossible à trouver

Where is Bryan ? Ou plutôt, where is the clitoris ? Afin de répondre à cette question, intéressons-nous d’abord à son ennemi n°1 (du clitoris, pas de Bryan !) : “WANTED” Sigmund Freud. Il est le fondateur du mythe sur le clitoris qui perpétue depuis le début du siècle dernier. Selon lui, j’aurais été humiliée par le beau et grand pénis de l’homme, le comparant à mon petit clitoris, impossible à trouver. Je l’aurais alors abandonné au profit de mon vagin… Tragique fausse histoire de ma vie. Si seulement Freud savait… 😉 Du moins, pour la partie externe qui est plus facile à repérer, je l’avoue ! 
En effet, le clitoris se divise en deux parties: le gland est la partie externe et visible du clitoris mais ne représente qu’un quart du “petit” clitoris (qui fait quand même en moyenne entre 8 et 10 cm). À l’intérieur (partie interne) se trouve la partie immergée de l’iceberg: deux branches symétriques (bulbes du vestibule) qui forme un V et se gorgent de sang lors de l’érection (comme le pénis !). 
Bon alors, vous l’avez trouvé ce p’tit Bryan ? 

Musée du vagin – IR n°2 : les poils ne sont pas hygiéniques

À force de s’épiler, on oublie que les poils sont naturels ! Évidemment, libre à toutes de s’épiler ou pas afin de se sentir bien dans son corps. L’épilation doit être une affaire personnelle et non une obligation pour plaire aux autres. De plus, les poils réduisent les risques d’infections car ils agissent comme barrière aux bactéries et autres saletés susceptibles d’y entrer. S’épiler à la cire ou au rasoir par exemple, peut au contraire entrainer des inflammations de la peau et augmenter les chances d’infections dans certains cas. Quoi qu’il arrive: faîtes comme bon vous semble !

IR n°3: si tu mets un tampon, tu perds ta virginité

C’est l’histoire de l’hymen, une petite membrane entourant, parfois partiellement, la partie externe du  vagin. Il est garant de la virginité de la femme. Tout le monde connaît le mythe du « premier rapport qui fait saigner en rompant l’hymen » assurant la virginité de la mariée. Scoop: tout comme notre peau, l’hymen est une membrane mince et flexible. Dans la majeure partie des cas, elle ne recouvre pas toute l’entrée du vagin. Il est donc impossible de passer à travers si elle est inexistante. La vulve est une zone très sensible. En effet, une pénétration trop rapide ou brutale, ou encore l’anxiété du premier rapport, peut provoquer un saignement si le vagin n’est pas proprement lubrifié.
En 2018, le ONUDH*, les Femmes de l’ONU et de l’OMS, ont appelé à cesser les tests de virginité déclarés médicalement inutiles, douloureux, humiliants et traumatisants.

*Bureau des droits de l’homme des Nations Unies

IR n°4: les règles sont sales

Presque la moitié de la population mondiale aura ses règles, en moyenne 400 fois dans une vie, et entre l’âge de 12 et 50 ans. Tout ce petit monde pourtant si discret… En effet, la société veut que les femmes se montrent discrètes lorsqu’elles ont leurs règles: elles demandent à voix basse un tampon pour “dépanner” et le mettent dans leurs manches pour le dissimuler jusqu’aux toilettes. Les règles, personne n’en parle car c’est “dégueulasse“. 
Contrairement aux idées reçues, avoir ses règles n’est pas comme faire caca ! Le flux menstruel est inoffensif et il n’y a aucune toxine dans le sang des règles puisque les parois de l’utérus doivent être assez pures et propres pour accueillir un potentiel futur embryon. 

IR n°5: si tu as un vagin, alors tu es une femme

Toutes les femmes n’ont pas forcément un vagin et tous les individus avec un vagin ne s’identifient pas systématiquement en tant que femme. Il est important de faire la différence entre le sexe et le genre lorsqu’on parle des liens entre l’anatomie et le genre. 
Le sexe d’un individu est assigné à la naissance et déterminé par les chromosomes et par l’anatomie interne et externe. Le genre est la façon dont un individu se définit en tant que personne.

IR Bonus: le Coca-Cola est un moyen de contraception

Dans les années 50, le Coca Cola était utilisé comme moyen de contraception sous forme de douche vaginale. On pensait à l’époque qu’il était un excellent spermicide ! La rumeur disait que l’acidité de la boisson détruisait le sperme. Utilisé aussi pour récurer les toilettes, le Coca n’est absolument pas recommandé pour la muqueuse vaginale. Il peut endommager les tissus et est nocif pour la flore bactérienne vaginale. Oubliez !

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