Fammelette

Le Harcèlement au travail : ma pratique

Ma précédente théorie sur le harcèlement au travail avait pour but de sensibiliser et d’attirer l’attention sur le quotidien des femmes au travail. Place à la pratique…

Et puis, on m’a appelé “BB” dans un e-mail professionnel

Ces deux lettres, bien qu’elles semblent anodines et sans conséquence, font alors bouillir en moi une colère que je ne peux plus contrôler. Je ne me pose plus la question à savoir comment je dois réagir. Je me sens énervée certes, mais triste à la fois. C’est désolant que certains ne comprennent pas les conséquences de leurs paroles ni ne connaissent le harcèlement au travail. Triste qu’ils ne réalisent pas la portée de leurs mots.

Les larmes aux yeux, je me rends compte que la situation m’affecte

Je réalise que pendant trois mois, j’ai évité mes collègues de peur de devoir affronter de nouvelles remarques, peur de ce que j’allais devoir entendre et peur de ma propre réaction. J’ai préféré faire de mon lieu de travail un champ de mines où je savais exactement où il ne fallait pas mettre les pieds. J’ai voulu essayer de fuir. Je pensais pouvoir m’en sortir sans égratignures. J’avais tort. Les parasites finissent toujours par nous envahir. Ils envahissent l’esprit et rongent le corps. Je suis victime de harcèlement au travail.

Il aura quand même fallu quelques larmes pour que la hiérarchie décide enfin de faire un rappel à l’ordre et de parler de harcèlement au travail

Article L.1152-1 du Code du travail : “aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

Je me sens mieux mais ce n’est pas pour autant que je me sens bien

Je sais que ces termes ne résonnent pas à l’unisson dans l’esprit de certains. De plus, je sais pertinemment qu’ils s’en contrefichent. Je me demande même s’ils se sentent concernés. Je sais même qu’ils en rigolent.
Du coup, je me sens triste. Je me sens énervée aussi. Rien n’a changé. À ce moment-là, je suis de ces gens qui perdent respect et empathie pour toute personne ayant des propos sexistes. Je pars du principe que je ne peux éduquer ceux qui refusent d’entendre. Après tout, ils ne sont ni ma famille, ni mes amis. Pourquoi perdre mon temps à vouloir les éduquer ? En plus, ils m’énervent…

Ok. Je peux les éduquer. J’essaye. Mais parfois je m’énerve, c’est plus fort que moi. Je suis humaine. Je suis consciente et engagée. Un ami d’un ami a dit de réagir avec plus d’empathie pour créer un impact et ainsi essayer de modeler le monde à ma façon. Le combat contre le harcèlement au travail n’est pas terminé. Il ne sera pas terminé tant que tout le monde ne sera pas éduqué. Soit je continue, soit j’abandonne.Je continue.

Si vous êtes victime de harcèlement sexuel, parlez-en ! 

Vous pouvez témoigner sur TravailEcoute, un blog bienveillant et très bien construit qui vous donnera toutes les informations nécessaires pour vous en sortir. 
Son auteure a déjà été victime de harcèlement au travail. Elle raconte : « Aujourd’hui, je veux en finir avec ce phénomène, et si je peux aider ne serait-ce qu’une personne, j’aurais réalisé ma mission. Je ne veux plus que ce genre d’histoire se répète. Si j’avais pu en parler, écrire mon histoire et demander conseil, jamais je n’en serai arrivé là. Il n’y a pas de mal à parler de ses sentiments, de ses émotions et de ses besoins. »

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