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Le harcèlement au travail : ma théorie

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La frontière entre blague de bureau et harcèlement au travail est mince. 

Où est la limite entre humour lourd et harcèlement au travail ? Oui, on parle bien de cette petite blague salace lancée au bureau par un collègue qui paraît anodine mais qui peut parfois tourner au cauchemar. Des blagues inappropriées sexistes, aux remarques déplacées et autres commentaires sur la tenue ou la silhouette, tout y passe ! 

Le problème est que l’on rit de toutes, et pas de tout. 

Et nous, on s’habitue à rire de nous-même, le plus souvent à nos dépens. D’emblée, on dit qu’on n’a pas d’humour, c’est plus facile comme ça. Alors qu’en fait, on n’aime juste pas rire des autres, surtout des plus faibles.

Connaissez-vous l’humour misandre ? Alors, comment un homme change une ampoule ? Facile : il attrape l’ampoule et attend que le monde tourne autour de lui pour la dévisser. J’avoue, elle m’a fait rire moi celle-là 😉 Trêve de plaisanterie !

Drôle ou pas, une chose est certaine : la harceleuse ou le harceleur fait rarement de l’autodérision, elle/il utilise l’humour pour maltraiter l’autre.

Le harcèlement au travail touche surtout les femmes mais toutes ne sont pas confrontées au même degré de sexisme ou de harcèlement sexuel.

Selon une enquête menée dans cinq pays européens par l’Ifop en 2019, les jeunes femmes sont plus souvent victimes du harcèlement au travail que leurs aînées. Elles sont plus vulnérables car plus jeunes et moins expérimentées. Elles veulent avant tout bien faire et bien se faire voir. Ces jeunes filles qui sortent de la fac ne se rendent pas compte du fossé qui existe entre les bancs de l’école et la chaise de bureau. On les jette dans la fosse à requins, sans kit de survie. Elles occupent le plus souvent des postes lourdement stéréotypés comme celui d’assistante ou de secrétaire. De façon très stéréotypée, on a affaire à une femme de moins de 40 ans, jolie et juste assez diplômée pour assister sans prendre de décisions. 

Au début, elle ne voulait pas qu’on la considère comme la sainte nitouche 

Et puis bon, une ou deux “blagues de cul” de temps en temps, ce n’est pas si dramatique ? Il s’amuse, il demande une fellation au téléphone. En voilà de l’humour ! L’autre jour, il demande à sa collègue la taille de sa poitrine. Est-ce qu’elle lui demande la taille de ton sexe ? 
Que répondre ? Comment réagir ? Est-ce que ça vaut la peine de réagir ? Pourquoi ne pas simplement minimiser la chose ou tout simplement ignorer et faire comme si de rien n’était ? Dans le fond, s’il fallait s’attarder sur chaque remarque sexiste, on ne s’en sortirait pas ! Peut-on même parler de harcèlement au travail ? Et si c’était juste de la drague ?

harcelement sexuel au travail

La question n’est pas de savoir si les femmes peuvent rire des remarques sexistes mais plutôt si cet humour est humiliant pour elles

En gentleman drôle et flatteur, il croit que commenter son physique est un compliment.  Naturellement, il l’appelle “ma belle”. Pourtant, elle a un prénom elle aussi. Et si elle l’appelait “mon beau” ? Est-ce qu’il se rend au moins compte de son comportement ? Dans tous le cas, si la remarque nous met mal à l’aise dans ce contexte précis, c’est tout simplement qu’elle n’a pas lieu d’être.

Le sexisme ordinaire est une forme de harcèlement au travail

Les comportements sexistes tels que définis par l’article L. 1142-2-1 du code du travail, aussi appelés « sexisme ordinaire », ont des répercussions directes sur le bien-être au travail puisqu’ils portent atteinte à la dignité et créent un environnement de travail intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.

Selon le sondage ifoP, les femmes sont plus souvent confrontées que les hommes au harcèlement sexuel. Six Européennes sur dix déclarent avoir déjà été victimes d’une forme de sexisme ou de harcèlement sexuel au travail au cours de leur vie professionnelle. Pire encore, une française sur trois a été confrontée à une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle, sans pour autant en avoir conscience. En effet, Marie Deveaud-Plédran dans sa thèse au sujet du harcèlement dans les relations de travail explique que « le harcèlement sexuel ne peut véritablement se définir qu’a posteriori, lorsque ledit comportement a été décodé et déconstruit ». Mais concrètement, à quoi ressemble le harcèlement sexuel au travail ?

Les entreprises doivent s’engager en faveur d’une culture exempte de sexisme

L’entreprise doit garantir à ses membres une culture exempte de sexisme et les protéger du harcèlement au travail. Pourtant, certaines peinent à en parler à mettre en place des actions de prévention. Si on peut passer une note sur les retards, on peut aussi passer une note sur le sexisme et le harcèlement sexuel ! Il existe aussi un kit du gouvernement contre les agissements sexistes.

Ne pas être spectateur, oser en parler et agir, et surtout montrer de la bienveillance à l’égard de toutes les femmes au travail et ailleurs. En effet, il n’y a pas que le harcèlement au travail ! Le sexisme et les violences faites aux femmes sont de partout et tout au long de la vie d’une femme. C’est le continuum des violences : cela part d’une blague, puis d’un geste, et puis cela en vient à l’agression.

La frontière entre blagues de bureau et harcèlement au travail est mince. Celle entre le harcèlement et l’agression l’est d’autant plus.

Pour comprendre les mécanismes des violences, je vous suggère de visiter le site de NousToutes Lisez ! Vous trouverez des outils clés en main, accessibles à toutes et tous pour lutter contre les violences.

Si vous êtes une victime de harcèlement sexuel ou moral …

Rapprochez-vous des personnes auprès de qui vous pourrez obtenir écoute et bienveillance, alertez votre employeur et/ou les représentants du personnel (délégué.e.s du personnel, représentant.e syndical.e, membre du CE ou du CHSCT…). Renseignez-vous, il y a surement un référent dans votre entreprise !

En l’absence de réaction de votre employeur pour faire cesser les faits : vous pouvez aussi contacter votre médecine du travail, saisir le Défenseur des droits au 09 69 39 00 00 ou l’inspection du travail et en dernier recours le Conseil de prud’hommes. 

Comme réagir face à quelqu’un qui a été victime de violence ? C’est ici !

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